Raymond Moretti au centre culturel départemental de Nice Lympia
Raymond Moretti (1931-2005) est une figure majeure de l’art contemporain français, reconnu pour sa maîtrise technique exceptionnelle et son œuvre éclectique. Né à Nice dans une famille d’immigrés italiens ayant fui le fascisme, il commence sa carrière artistique très jeune, réalisant dès l’âge de 16 ans sa première œuvre monumentale, Moïse brisant les Tables de la Loi. Son parcours est marqué par une diversité de disciplines, incluant la peinture, la sculpture, l’illustration et la fresque monumentale.
Il a rencontré Pablo Picasso à 22 ans, une rencontre qui a profondément influencé son développement artistique. Son œuvre, souvent engagée, explore des thèmes universels et reflète une curiosité insatiable. Parmi ses réalisations notables figurent la fresque monumentale au Forum des Halles à Paris, la sculpture de la pendule des Quatre Temps dans la galerie marchande de La Défense, ainsi que des illustrations pour le Magazine Littéraire pendant plus de 20 ans.
Une exposition lui est consacrée, permet de découvrir la richesse de son œuvre à travers plus de 50 pièces, une frise de 12 mètres retraçant sa vie, et un catalogue illustré. Raymond Moretti demeure une figure emblématique de l’art français, dont l’influence dépasse largement le cadre national.
À propos de l'exposition
Une occasion unique de découvrir toute la richesse et l’éclectisme de l’œuvre de Raymond Moretti. Un catalogue inédit et abondamment illustré accompagne l’événement, avec notamment un texte de Marie-France Moretti évoquant les débuts fulgurants du peintre.
Une frise monumentale de 12 mètres retrace sa vie à travers des archives et des photographies rares. Plus de 50 œuvres sont réunies, dont une sélection issue de la collection privée de l’hôtel Le Negresco.
En parcourant cette exposition, les visiteurs découvrent une richesse thématique et stylistique exceptionnelle. Plus de cinquante œuvres majeures s’offrent à eux, allant des portraits saisissants de célébrités aux créations monumentales, jusqu’aux illustrations profondément liées à Nice, sa muse et sa ville natale.
Cette rétrospective, qui dévoile également des archives rares et une frise biographique spectaculaire, n’est pas qu’un hommage : c’est une invitation à plonger dans le foisonnement créatif de Moretti, à embrasser ses audaces et à redécouvrir la portée universelle de son art.
En célébrant cette figure singulière, le Département des Alpes-Maritimes réaffirme son engagement indéfectible envers la culture, convaincu que l’art est une passerelle essentielle entre notre passé et notre avenir.
Le Negresco
Dans les années 1950, Raymond Moretti fait la rencontre de Paul Augier (1912-1995) et de son épouse Jeanne Augier (1924-2019), les charismatiques propriétaires de l’hôtel Le Negresco. Passionnés d’art, le couple ambitionne de transformer Le Negresco en un hôtel-musée. Ils parviennent à réunir pas moins de 6000 œuvres d’art, parmi lesquelles des créations de Niki de Saint Phalle (1930-2002), Jean Cocteau (1889-1963), Victor Vasarely (1906-1997), et tant d’autres.
Raymond Moretti occupe une place importante dans cette galerie d’art unique en son genre. Jeanne Augier avait l’habitude de lui commander des dessins pour agrémenter la décoration de l’hôtel ou alimenter une gamme d’objets souvenirs vendus à la boutique. Ses peintures monumentales, lithographies et tapis ornent encore aujourd’hui les couloirs et le hall de l’établissement de renom
Dès leur première rencontre, Louis Nucéra a l’impression d’avoir toujours connu Raymond Moretti. Leur complicité donne naissance à une amitié indéfectible, nourrie par une passion partagée pour les chats. En 1973, Louis Nucéra publie Les chats, il n’y a pas de quoi fouetter un homme, un essai plein d’humour s’inspirant des anecdotes félines de son entourage. Séduit par l’idée d’en faire un livre d’art, Raymond Moretti réalise dix illustrations.
Parmi les œuvres exposées ici, Mac Chat, le chat de Mac Orlan (1882-1970), dont la légende raconte qu’il retrouvait chaque jour sa compagne dans une clairière et qu’il se laissa mourir de chagrin après son absence à l’un de leurs rendez-vous ; et Fang le loquace, le chat de Nucéra, sauvé d’une vie d’errance dans les studios de la Victorine et appelé ainsi en hommage à la panthère noire des aventures de Raoul et Gaston, bande dessinée chère à l’auteur.
La rue Saint-Denis
Lorsque Raymond Moretti quitte Nice, il s’installe provisoirement dans « le ventre » de Paris, les anciennes Halles Baltard. En 1971, juste avant leur destruction, Le Monstre trouve refuge sous l’immensité des voûtes de cette cathédrale de verre et de fer. Fasciné par l’atmosphère unique du lieu, Moretti s’épanouit.
Très vite, ce noctambule invétéré fait sa place. Il prend ses quartiers Chez Denise, un bistrot typique dont les murs sont, aujourd’hui encore, recouverts de ses lithographies. Jour et nuit, il y retrouve « les copains » : journalistes, artistes, hommes politiques et autres figures du Tout-Paris. À travers sa série La rue Saint-Denis, Moretti immortalise l’âme de cette rue emblématique du quartier des Halles.
Alliant vision artistique et symboles nationaux, Raymond Moretti a conçu des œuvres emblématiques au service de la République dont certaines étaient des commandes. D’autres créations, ont été intégrées au cœur des bâtiments institutionnels, comme la mosaïque installée dans le hall de la préfecture des Alpes-Maritimes. Il a également illustré des timbres-poste célébrant de grands moments historiques et politiques de la France. Son style singulier s’est invité dans l’univers médiatique, notamment à travers la création des décors des plateaux télévisés des soirées électorales des législatives de 1981 et des européennes de 1984.
Pourtant, Moretti ne se considérait pas comme le peintre officiel de la République. Fidèle à son principe de liberté, il voyait dans ces projets une opportunité de rendre l’art accessible tout en contribuant à la mémoire collective.
Ce dossier de presse pour aider à la compréhension des oeuvres
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