Maurice Denis au Musée des Beaux-Arts Jules Chéret de Nice
Exposition du 8 novembre 2025 au 8 mars 2026 sur le thème de "L'éclat du Midi". Elle célèbre le centenaire de l'exposition historique de 1925 dédiée à Maurice Denis, un peintre majeur de l'école des Nabis.
Points clés de l'exposition
- Thématique : L'exposition explore la relation de Maurice Denis avec le Sud de la France, notamment la Provence et la Côte d'Azur, à travers ses œuvres des années 1920.
- Œuvres présentées : Des portraits, esquisses, et dessins qui révèlent son attachement à sa famille et à sa quête artistique.
- Enrichissement des collections : Quatre œuvres rejoignent les collections permanentes du musée, dont trois de Maurice Denis et une de sa fille, Madeleine Dinès.
Cette année, le musée célèbre le centenaire de l’exposition dédiée à Maurice Denis (1870-1943) qui s’est tenue à Nice en 1925. La reconstitution et l’étude de cette exposition témoignent de l’importance qu’ont eu les voyages successifs de l’artiste dans le sud de la France (1906, 1913 et 1922), pendant sa prolifique décennie créative des années vingt. La rencontre de l’univers denisien et de la Côte d’Azur est aussi l’occasion de s’intéresser plus largement à ce moment si particulier de sa vie d’homme et de sa vie d’artiste. Après la disparition de sa première épouse en 1919, son mariage avec Elisabeth Graterolle lui rend une vitalité créative qui lui permet de répondre aux nombreuses sollicitations qui couronnent sa carrière.
Une peinture dans tous ses éclats
Peindre le Midi, c’est le plus souvent une affaire de perception quand il s’agit de capter la lumière et d’en restituer toutes les nuances qui sculptent la nature comme tant d’artistes s’y consacrèrent à partir de Cézanne et des impressionnistes. Pourtant, si Maurice Denis découvrit la Provence en 1906 et qu’il fréquenta Cézanne, Renoir et tant d’autres, il resta imprégné d’une formation plus intellectuelle héritée du primitivisme de Gauguin quand il fut le théoricien des peintres Nabis. Marquée par le symbolisme, sa peinture se réalise dans le souvenir du Quatroccento et de la Renaissance italienne avec ses larges aplats, la simplification de la couleur et une volonté de synthèse entre le matériel et le spirituel. Aussi, s’éloignant de l’imitation et de la description, Maurice Denis fut-il surtout célébré pour l’harmonie de ses vastes compositions décoratives.
Pourtant, dans les années 1920, alors qu’il est au faîte de sa gloire, ses œuvres de chevalet témoignent de scènes intimes associées à une nature parfaitement architecturée. Conçue en plusieurs séquences chronologiques, l’exposition niçoise nous livre une autre façon de percevoir la Provence et la Côte d’Azur. Elle est aussi l’occasion d’affirmer l’apport de Maurice Denis dans l’art de l’entre-deux-guerres. Sa peinture est alors strictement cloisonnée par couleurs en aplats et les reliefs se succèdent en courbes et contre-courbes tandis que les arbres, cyprès ou mimosas, structurent le plus souvent un cadre dans lequel le thème familial répond à l’organisation du paysage. L’artiste, au fil de ce parcours, semble aspiré par l’harmonie d’un ordre idéal en recourant à des camaïeux de rose et de bleu pour exprimer douceur et transparence comme pour une aspiration mystique qu’il ne cessa de revendiquer.
Toute en sinuosités et en teintes suaves, la peinture de Maurice Denis apparaît aussi « superficielle » que profonde et c’est peut-être ce paradoxe qui donne le rythme de cette exposition. Il y a là un hiératisme des formes presque naïf dans ses modelés, des teintes douces mais éteintes, une transparence qui s’accorde à des scènes juxtaposées de femmes et d’enfants, de paysages édéniques et d’architectures strictes pour inscrire le récit d’une époque où, au lendemain de la première guerre mondiale, on chercha le réconfort des proches et d’un au-delà. Un portrait de Renoir que le peintre réalisa en 1913 ou un bronze de Maillol pour Marthe Denis, première épouse du peintre, illustrent cette volonté de sublimer le monde à travers une espérance artistique. Passionnante pour cette découverte d’un Maurice Denis plus intime que dans ses compositions murales, cette exposition, au-delà de l’expression de toute sensation, relate toute la sensibilité d’une expérience humaine dans une période où la peinture s’acharne dans son idéal de dire le monde. Ou de le célébrer.
Une œuvre habitée par la famille et l’amour
- Chez Maurice Denis, la peinture est indissociable de la famille. Ses enfants, sa première épouse Marthe et sa seconde épouse Élisabeth Graterolle sont au cœur de son univers pictural. Marthe, disparue prématurément, reste son modèle et sa muse. Élisabeth, rencontrée après ce deuil, insuffle une nouvelle vitalité à sa création.
- Leurs visages et ceux de leurs enfants peuplent ses toiles : scènes de bain, maternités, promenades au bord de mer, jeux d’enfants dans la lumière du Midi… Tous incarnent la douceur, la foi et la continuité de la vie. Pour Denis, peindre sa famille, c’est peindre la beauté du monde. Cette intimité se reflète aussi dans les œuvres exposées : portraits, esquisses et dessins révèlent l’attachement profond d’un père et d’un mari aux inspirateurs de sa quête artistique.
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