L’exposition Courbet au musée de la Banque d’Hyères
A la découverte de l'exposition
122 œuvres et documents sont exposés, dont :
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- 40 peintures de Gustave Courbet
- Dessins, gravures, caricatures, photographies anciennes et objets personnels
- Prêts exceptionnels de l’Institut Gustave Courbet (Ornans), du musée d’Orsay, du MuMa du Havre, et d’autres musées français
Parmi les 12 thématiques pour explorer l’univers de l’artiste :
- Le chant de la Nature (paysages, forêts, mer)
- L’ode à la Femme (portraits, sensualité)
- Le monde animal (scènes de chasse, animaux)
- L’homme engagé (rôle dans la Commune de Paris, affaire de la colonne Vendôme)
- Les marines et les sources
- Les travaux et les jours (vie quotidienne, paysans)
Partenariat : L’exposition est organisée avec l’Institut Gustave Courbet (Ornans), principal prêteur. Installée dans l’ancienne Banque de France, la scénographie met en valeur les œuvres dans un dialogue entre patrimoine et modernité.
Peintre visionnaire, représentant au premier chef le Réalisme en peinture, il est l’auteur de toiles devenues mythiques comme Un Enterrement à Ornans, L’Atelier du peintre, Le Désespéré ou encore L’Origine du monde. Mais derrière ces chefs-d’œuvre, se dessine un artiste multiple, profondément enraciné dans sa terre natale et en même temps, ouvert aux horizons du monde.
Né à Ornans, Courbet resta toute sa vie attaché à la Franche-Comté. Dans son œuvre, le paysage occupe une place essentielle, près des deux tiers de sa production. Ses paysages, qu’il voulait universels, traduisent l’âme des sites qu’il aimait — la Source de la Loue, le Puits-Noir, les falaises du Jura.
Mais son regard s’ouvre aussi sur d’autres horizons. La mer, qu’il découvre au Havre en 1841, devient une révélation : La mer, sans horizon, que c’est drôle pour un habitant du
vallon. De la Loue au Léman, de la Manche à la Méditerranée, l’eau devient pour
lui symbole de mouvement, de liberté et d’évasion.
Peintre chasseur et pêcheur, Courbet s’attache aussi au monde animal, qu’il rend avec une acuité presque charnelle : biches tapies dans l’ombre, renards pris au piège, scènes de chasse saisies dans leur intensité dramatique. Son regard se tourne également vers l’humain. Ode à la femme dans des portraits d’une sensualité magnifiée, célébration des visages de paysans et d’ouvriers, il traduit la force, la dignité et parfois la souffrance des plus humbles.
L’affaire de la colonne Vendôme
Artiste libre, souvent rebelle, Courbet paya chèrement ses convictions. Son rôle dans la Commune de Paris et sa participation au déboulonnement de la colonne Vendôme l’exilèrent en Suisse, où il termina sa vie dans la douleur et la solitude. Sa personnalité flamboyante, à la fois admirée et contestée, a inspiré d’innombrables portraits et caricatures.
Dès septembre 1870, au moment où Paris se prépare au siège, les artistes le désignent pour présider la Commission chargée de la surveillance des musées et objets d’art, afin d’organiser la sauvegarde et la mise à l’abri des collections. Il est choisi pour son autorité artistique et son indépendance, et parce que l’urgence patrimoniale exige une coordination ferme au Louvre.
Dans ce cadre, Courbet adresse au ministre des Travaux publics, Pierre Frédéric Dorian, une lettre proposant le déplacement de la colonne — non sa destruction — vers un lieu d’histoire militaire (par exemple les Invalides), afin de restituer à la place Vendôme sa vocation urbaine et d’apaiser les tensions symboliques. Pendant la Commune de Paris, le Conseil de la Commune vote toutefois la démolition le 12 avril 1871. Courbet, qui n’entre au Conseil que le 16 avril, n’est pas l’auteur de ce décret. La colonne est abattue le 16 mai 1871.
L’« affaire Vendôme » cristallise les ambiguïtés d’un temps où les monuments servent de tribunes politiques. Courbet, qui souhaitait un déplacement patrimonial plutôt qu’un affrontement, deviendra le visage d’une mémoire conflictuelle entre art, idéologie et espace public. La colonne, reconstruite en 1875, est classée Monument historique depuis 1992. +
Les caricatures
De nombreuses caricatures sont accrochées aux murs de l’exposition. Elles sont une critique du peintre trop associé à la nature ou à ses obsessions. Un prix de sabots lui est décerné, tandis qu’un personnage est habillé de loques de paysan. C’est donc une vision dévalorisante qui est donnée du peintre, accrue par l’affaire de la colonne Vendôme, dont la destruction lui est faussement attribuée.
Cette exposition propose de parcourir toutes les facettes de ce peintre inclassable : l’amoureux des paysages, le chantre des femmes, l’observateur du monde animal, mais aussi l’homme engagé qui fit de son art un combat.
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