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Publié par Guy Muller

Programme spécial pour ce début d'année !!

 

Ce ballet sur une musique de Ludwig Minkus a été monté par Marius Petipa à Saint Petersbourg. Rudolf Noureev remanie le ballet pour l'Opéra de Paris en 1992. Cette version est toujours interprétée. Noureev, en 1992, au terme de sa carrière et de sa vie, remonte ce ballet. La direction de l'Opéra de Paris sait que le sida dégrade rapidement la santé de Noureev et que cette production sera sans doute la dernière qu'il offrirait au monde. Pour cette raison, elle lui alloue un budget très important venant en sus de différents mécénats. C'est en ce sens que le ballet auquel Noureev tient le plus à cœur, auquel il a consacré sa santé et beaucoup travaillé, représente le testament artistique du prodigieux danseur et chorégraphe qu’il a été. C'est dans cette optique que sa Bayadère est dansée de nos jours à l'Opéra de Paris. Le danseur-étoile Laurent Hilaire commente ainsi la reprise du ballet par Noureev : « La Bayadère était plus qu'un ballet pour Noureev et tous ceux qui l'entouraient. C'est l'idée que j'en retiens... que quelqu'un approche de la mort, qu'il est mourant, et qu'au lieu de disparaître il nous a donné ce merveilleux ballet ».

"La Bayadère" : un spectacle parfait pour les fêtes
"La Bayadère" : un spectacle parfait pour les fêtes

Cet orient fantasmé nous transporte

 

Cet Orient, avec étoffes soyeuses, costumes raffinés aux couleurs éclatantes, retient notre attention. Y compris et surtout le  2e acte célébrant les fiançailles de Solor et Gamzatti . Une surenchère de tableaux avec éléphant bleu à roulette, dépouille de tigre, chaises à porteur et nombre de valses et de polkas où brille le corps de ballet. L’architecture rappelle les palais hindous, une somptueuse  musique nous transporte au pays des maharadjahs.

Il faut savoir que de nombreuses versions du ballet ont existé. Ce sont surtout les « caprices » des étoiles qui étoffèrent progressivement la durée du ballet. L’introduction de l’idole d’or, d’un pas de deux, la modification de la descente de l’Himalaya, ajout de tulle aux bras, danse autour d’un voile… Ces ajouts ont permis la suppression du dernier acte : la destruction du temple. Staline aurait été à l’origine de sa suppression car les Dieux ne peuvent intervenir dans la vie des hommes…

Cependant le Royaume des ombres donne une noblesse à l’attitude des danseuses. Elles viennent chercher le corps de la Bayadère en descendant lentement du Nirvana. L’entrée du corps de ballet d'Ombres (les fantômes de servantes décédées d'un temple hindou) crée une composition qui exige une synchronisation absolue entre chaque pas des ballerines.  Les danseuses composant le corps de ballet pénètrent sur la scène vêtues d'un tutu blanc avec des voiles entourant leurs bras. Chaque ballerine avance, une par une, le long d'une planche inclinée à trente degrés avec une simple arabesque cambrée immédiatement suivie d'une cambrure du torse, les bras en cinquième position (pour éviter de partir en avant et de tomber). Elle fait un pas en avant tout en se redressant et libère la place pour l'ombre suivante, en remplissant peu à peu la scène. La création d’une double extension de la jambe ralentit le défilé et donne un caractère poétique, voire transcendant  à cette version Bastille. Au fur et à mesure de l'alignement des ballerines sur quatre rangs, la couleur de la scène devient cristalline et une complexe géométrie se forme. La prise de vue en hauteur rend compte de la gestuelle du groupe. Une vue stroboscopique des mouvements à certains moments emporte une forme de magie. C’est du grand art !!

"La Bayadère" : un spectacle parfait pour les fêtes
"La Bayadère" : un spectacle parfait pour les fêtes

Avec mes meilleurs vœux de bonne santé,

de joies et de nouvelles découvertes en

2019

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