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Publié par Muller

 

DSC04091Chaque année, le musée Pompidou réalise une rétrospective sur un artiste, formule qui permet d’en mieux connaître les évolutions dans le temps. Cette année, c’est notre concitoyen, membre de l’école de Nice qui a eu les honneurs d’une exposition très bien traitée par les médias et la presse spécialisée.

Pour avoir visité longuement cette exposition, j’avoue avoir été enthousiasmé par l’importance des thèmes traités, car le Mamac de Nice possède peu de d’œuvres de cet artiste. L’exposition Pompidou montre bien l’évolution de Raysse dans ces tableaux, fresques, installations et traite parfaitement de cinquante ans d’activité. 

 

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Pop-art et néon

L’influence du pop art américain, se traduit par des productions très personnelles, bien au-delà du travail de reconstruction d’un visage. L’influence du néon, la décomposition de la couleur, son intensité, avait déjà influencé Fernand Léger. Dès l’année 1962, le néon permet d’accentuer, de souligner certaines formes et des éléments du visage : bouche, yeux. Il s’exprime ainsi « J’ai découvert le néon. C’est la couleur vivante, une couleur par delà la couleur ». Comme Arman, il procède à des inclusions dans du plexiglas, ce qui le conduit à intégrer l’école de Nice avec d’autres comme Klein. Toutefois il restera volontairement en marge des courants artistiques dominants.

Les années soixante commencent à exacerber l’emploi de couleurs dans la publicité. Ces couleurs veulent donner une signification immédiate à une boisson, à une marque, avec un design particulier. Il faut pouvoir se distinguer avec simplicité des autres marques par l’utilisation de couleurs primaires et grossières. La nuance doit disparaître des objets proposés à des millions d’exemplaires dans les linéaires des grands magasins. La publicité de masse est nécessaire pour familiariser le consommateur en en augmentant le nombre. 

 

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 La dénonciation d’une publicité omniprésente

Aussi il utilise l’ironie pour se démarquer des affiches publicitaires et le la culture pop en développement accéléré. Il réalise une série de tableaux « made in Japan » dont l’objet sera de confisquer de nombreux tableaux célèbres pour n’en retenir que les éléments les plus marquants. Les tableaux d’Ingres ou d’autres artistes, sont immédiatement reconnaissables, mais ils intègrent une vision véritablement novatrice. La publicité fait son entrée, tonitruante, joyeuse, avec ses couleurs éclatantes, qui délivrent et libèrent les anciens codes artistiques.

 

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Dans les années 1990, les fresques arrivent avec le carnaval de Périgueux, et l’apparition d’œuvres géantes, dont la dernière rejoint une description de la plage qui reste depuis longtemps son univers favori. « Sea, sex and sun », c’est une des caractéristiques de certaines installations qui présentent outre des fresques géantes, mais aussi des adjonctions de bouées, jouets, placés en contrebas des installations.

 

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Une vision  et une prescience écologique

De nombreuses accumulations ont été réalisées par l’artiste sur des portiques ou des porte-manteaux présentant les déchets des Monoprix et autres Galeries Lafayette. Ces présentoirs utilisent toutes les boites, balayettes, tubes, bouteilles dont le plastic et les coloris seraient notre nouvel univers de consommation.  

 

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Le dernier tableau qui daterait de 2012 est d’une dimension exceptionnelle de trois mètres sur douze. Acquis par la fondation Pinault, cette fresque rassemble à elle seule une bonne partie de la pensée de l’artiste. Elle montre un univers essentiellement féminin assemblé le long du rivage. Mais au-delà on retrouve d’autres scènes, d’autres ouvertures avec des personnages aux franges de la société, une scène d’émeute, une pluie acide, des détritus de toute nature bordent le rivage. C’est une description, un résume de notre société, de notre désorganisation sociale.

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Ceux qui ont eu la chance de parcourir cette exposition, ont eu la révélation d’un très grand artiste, par sa créativité, son imagination et par l’insertion prolongée de ses schémas dans la mémoire des visiteurs. L’art c’est une manière de faire, variable selon l’artiste, mais c’est au-delà, un poids, une présence mémorielle, imprimée dans le cerveau des visiteurs. Tout ce qui reste après une visite-rencontre. Cette rétrospective atteint son objectif de troubler, interroger et rester durablement en mémoire. Pour ma part, il me faut remonter à l’exposition Dali, pour retrouver cette fraicheur, ces innovations créatives et son impact continu après avoir pleinement vécu cette rétrospective.


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